Le 11 novembre 1918, à Rethondes, à 5 heures du matin, l'armistice est signé, après cinquante et un mois de guerre. Les hostilités sont suspendues à 11 heures. « À 11 heures, dans toute la France, une traînée d'enthousiasme courut. Instantanément, Paris pavoise et s'enflamme. [...] Les gens ont le pas rapide, le c½ur dans les yeux. Le canon tonne. Des cortèges se forment, pleins de pieds et de drapeaux. On chante, on danse, sur les places, sur les toits... sur la guerre. » (Joseph Delteil, Les Poilus : épopée)
Vers 16 heures, le président du Conseil Georges Clemenceau, monte à la tribune de la Chambre des députés afin de donner lecture des conditions de l'armistice.
L'armistice est renouvelé, puis reconduit jusqu'à la conclusion de la paix le 16 février 1919. Un nouvel ordre international naît de la signature du traité de Versailles, signé dans la galerie des glaces du château, le 28 juin 1919, et des traités de Saint-Germain-en-Laye (10 septembre 1919), de Neuilly (27 novembre 1919), de Trianon (4 juin 1920) et de Sèvres (10 août 1920).
La guerre a ravagé les vainqueurs comme les vaincus. Le conflit a fait plus de 8 millions de morts : 1 900 000 en Allemagne, 1 700 000 en Russie, 1 400 000 en France, 1 000 000 en Autriche-Hongrie, 760 000 en Grande-Bretagne. Il y eut 20 millions de blessés. Les pertes économiques furent considérables.
En France tous les hommes valides nés entre 1870 et 1899 ont été mobilisés. L'enquête parlementaire dirigée par Louis Marin, présentée à la Chambre des députés, le 29 mars 1920, dresse alors un bilan de la guerre encore approchant. On sait aujourd'hui que 1 383 000 soldats ont été tués et que la moitié des démobilisés ont été blessés. La France compte 34 morts pour 1 000 habitants et l'Allemagne 30 pour 1 000. On dénombre aussi en France 300 000 mutilés, 1 000 000 d'invalides, 600 000 veuves et 700 000 orphelins, 400 000 immeubles ou usines détruits et 3 millions d'hectares de terre agricole rendus impropres à la production à la suite des bombardements. La guerre a été essentiellement financée par l'emprunt et la dette publique atteignait 220 milliards de francs en 1919. Le franc avait perdu les trois quarts de sa valeur de 1914.